Le CEVIPOF a enquêté sur l’influence de l’orientation sexuelle sur les intentions de votes à la prochaine élection présidentielle.  

Les comportements électoraux des personnes LGBT ont été peu étudiés jusqu’à présent en France.

Le CEVIPOF, institut d’étude interne à Sciences Po, a analysé à partir des intentions de vote déclarées lors de l’Enquête électorale française relative à la prochaine élection présidentielle menée en mars 2017, si les différentes orientations sexuelles étaient associées à des inclinations politiques spécifiques.

Premier enseignement : la diversité des intentions de vote pour le premier tour de l’élection présidentielle quels que soient le genre et l’orientation sexuelle.

En effet, aucun candidat n’obtient plus de 30% des intentions de vote dans les groupes étudiés.

« Tous les segments électoraux sont représentés parmi ces électorats, notamment ceux qui, comme le Front national, a priori, n’apparaissent pas comme le réceptacle naturel du ‘vote homosexuel et bisexuel' », note l’étude.

Marine Le Pen est celle qui recueille le plus d’intentions de vote parmi les hommes quelle que soit leur orientation sexuelle : 28% des intentions de vote exprimées par les hommes hétérosexuels ou non.

À l’inverse, Emmanuel Macron est le plus choisi par les femmes, bien qu’avec des niveaux différenciés suivant l’orientation sexuelle : 26% et 28% des femmes selon qu’elles se déclarent hétérosexuelles ou lesbiennes.

Les femmes lesbiennes sont les seules à ne pas placer la paire Marine Le Pen – Emmanuel Macron en tête au profit d’Emmanuel Macron et de Benoît Hamon.

Parmi les hommes homosexuels ou bisexuels, les candidats de gauche rassemblent 29% des intentions de vote et ceux de droite 41%.

En revanche, les femmes lesbiennes ou bisexuelles se distinguent clairement avec 43% en faveur de la gauche et seulement 30% en faveur de la droite.

« Malgré les enjeux liés à l’orientation sexuelle, les électeurs et électrices homosexuels ou bisexuels ne présentent pas des intentions de vote homogènes, affirme en conclusion l’auteur de la note Sylvain Brouard. La question sexuelle ne résume pas leurs attitudes politiques. Les logiques politiques, sociales et territoriales qui affectent les attitudes politiques de l’électorat hétérosexuel, restent pertinentes pour eux également ».

Une étude analyse le vote gay et lesbien pour la présidentielle 2017
Une étude analyse le vote gay et lesbien pour la présidentielle 2017

« Malgré l’opposition farouche, à défaut d’être unanime, du Front national et des Républicains au mariage pour tous et à la procréation médicalement assistée (PMA), une partie des électeurs et électrices homosexuels ou bisexuels se prononcent en faveur des candidats de ces partis d’opposition à la majorité présidentielle, dans une logique conforme au classique vote sanction », ajoute-t-il.

Cependant l’orientation sexuelle a incontestablement des effets sur les intentions de vote, recueillis en mars 2017, pour le premier tour de l’élection présidentielle. L’effet est minimum parmi les électeurs non-hétérosexuels et en faveur d’Emmanuel Macron.

La crainte d’une éventuelle remise en cause du mariage pour tous ne semble ainsi pas telle dans cet électorat qu’elle le dissuaderait de voter pour les candidats de droite.

L’effet de l’orientation sexuelle est, à l’inverse, maximum parmi les électrices lesbiennes avec un tropisme clairement favorable aux candidats de gauche.

L’inclination à gauche de ces électrices est cohérente avec la mobilisation d’une partie d’entre elles sur les enjeux de la PMA et de l’adoption, conlut la note.

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