Philippe Faucon, une série pour défendre les droits fondamentaux des homosexuels
Philippe Faucon, une série pour défendre les droits fondamentaux des homosexuels

De 1981, époque où « l’OMS classait l’homosexualité parmi les maladies mentales », à 2013 avec « le mariage pour tous »: le cinéaste Philippe Faucon, avec la mini-série « Fiertés » qu’il tourne actuellement pour Arte, entend défendre les « droits fondamentaux » des homosexuels.

Le réalisateur de « Fatima », César du meilleur film en 2016, doit poursuivre jusqu’à la mi-juin le tournage en banlieue parisienne de cette série qui se déclinera en trois épisodes de 52 minutes. Diffusion prévue l’an prochain.

« Chaque épisode a pour contexte une période de crispation dans la société française autour de questions relatives à l’homosexualité », explique le cinéaste, âgé de 59 ans, marié à la productrice Yasmina-Nini Faucon.

Philippe Faucon et la chaîne franco-allemande ARTE ont été séduits par l’idée proposée par José Caltagirone et Niels Rahou, ses « deux jeunes coauteurs ». Son nom a attiré dans l’aventure un joli casting avec Emmanuelle Bercot, Jérémie Elkaïm, Samuel Theis, Frédéric Pierrot, Stanislas Nordey, Sophie Quinton et Loubna Abidar ou encore Chiara Mastroianni.

Le premier épisode commence en 1981, à l’époque de l’élection de François Mitterrand à la présidence. « La gauche arrive au pouvoir et abroge aussitôt les lois qui pénalisent l’homosexualité », raconte Philippe Faucon, à Montreuil, sur les lieux du tournage.

« Quand j’étais étudiant, des parents pouvaient demander l’internement de leur enfant en découvrant son homosexualité, c’est ça qui est fou! », se souvient-il. C’est dans ce contexte que débute la série, dont l’histoire, sorte de saga familiale, s’étend sur trois générations. –

Philippe Faucon, une série pour défendre les droits fondamentaux des homosexuels
Philippe Faucon, une série pour défendre les droits fondamentaux des homosexuels

Le deuxième épisode se déroule en 1999, « au moment du vote sur le Pacs », où les adolescents du début sont devenus adultes. Les protagonistes, deux hommes en couple, interprétés par Samuel Theis et Stanislas Nordey, ont un projet d’adoption mais à cette époque, relève Philippe Faucon, « ce n’est pas autorisé et cela passe par des stratégies de dissimulation ».

Le troisième épisode se situe en 2013, à l’heure du « mariage pour tous ». Là, l’enfant adopté, qui a atteint ses 17 ans, « doit assumer le fait d’avoir deux pères », ajoute-t-il.

Les personnages de la série traversent « ces périodes de revendications et de luttes importantes pour les droits fondamentaux à la visibilité, à une vie de couple qui ne passe pas par la dissimulation, le droit au mariage, à l’adoption », souligne le cinéaste.

Faisant un parallèle avec le droit à l’avortement, il s’étonne qu’il y ait, encore aujourd’hui, « des gens qui n’ont rien d’autre à faire de leur vie que de s’opposer aux droits fondamentaux des autres ».

Dans la série, il s’agit d’une histoire d’amour, avant tout, entre deux êtres de même sexe: dans sa façon de filmer l’histoire, le cinéaste précise « tenir compte » qu’il s’agit d’une « fiction, grand public pour la télévision ». « Au cinéma je tournerais autrement », indique-t-il.

« Nous avons tourné des choses belles et naturelles, de mon point de vue », confie-t-il, ne voyant pas « en quoi la série pourrait déranger ».

Même si, de son point de vue, « la nudité masculine, c’est bizarrement plus perturbant que la nudité féminine ». « Ayant été a priori fermé » à la série jusqu’ici, Philippe Faucon trouve finalement « l’exercice intéressant », bien que difficile: « je le fais parce que je ressens la nécessité de le faire. »

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