Le défilé de la Gay Pride maintenu à Istanbul malgré son interdiction, la police tire sur la foule
Le défilé de la Gay Pride maintenu à Istanbul malgré son interdiction, la police tire sur la foule

Ils ont choisi de défier le pouvoir pour faire entendre leur voix. Des manifestants ont marché et chanté dans les rues d’Istanbul ce dimanche 25 juin pour la Gay Pride, bravant l’interdiction de défiler émise et la police a tiré sur la foule.

Mais les policiers étaient plus nombreux que les participants. Les images diffusées sur les réseaux sociaux par les journalistes et les manifestants racontent les intimidations des policiers pour disperser la foule, et font état de nombreux débordements.

Pour contenir et arrêter le défilé, commencé sur l’emblématique place Taksim, la police a fait usage de balles en caoutchouc, a rapporté un journaliste de l’AFP.

« La police bloque l’accès à l’avenue Istiklal depuis Taksim pour arrêter le défilé LGBTI. Un hélicoptère de la police tourne au-dessus de nos têtes. Le parc Gezi est bloqué. »

Des images diffusées par le site d’information turc T24 montrent que des gaz lacrymogènes ont également été utilisés. Un militant LGBTI français faisait état « d’intimidations » de la part des policiers à l’arrivée des premiers manifestants, avant même le départ de la marche.

Les autorités turques ont annoncé samedi leur décision de ne pas autoriser la tenue de la marche et des manifestations associées pour préserver « l’ordre public » et la « sécurité des touristes » dans la zone concernée. Les autorités avancent par ailleurs ne pas avoir reçu de demande d’autorisation formelle pour la manifestation.

Les organisateurs ont répliqué en affirmant que la manifestation se déroulerait comme prévu, qualifiant l’interdiction d' »infondée ».

« Le bureau du gouverneur était au courant de notre projet depuis longtemps car nous lui avions fourni une requête il y a des semaines », assure à l’AFP Lara Ozlen, membre du comité d’organisation de la Marche des fiertés.

Le défilé de la Gay Pride maintenu à Istanbul malgré son interdiction, la police tire sur la foule
Le défilé de la Gay Pride maintenu à Istanbul malgré son interdiction, la police tire sur la foule

Des groupes d’extrême droite ont menacé ces derniers jours sur les réseaux sociaux de s’en prendre à la manifestation qui a lieu cette année au premier jour des festivités de l’Aïd, qui marquent la fin du ramadan.

« Nous dire ‘ne défilez pas’ au lieu de nous protéger parce que ça en gêne quelques uns est antidémocratique », estime Lara Ozlen. De son côté, Amnesty International a accueilli la décision des autorités avec « grande inquiétude », selon un communiqué.

La Marche des fiertés est interdite à Istanbul depuis 2015, lorsque, selon l’association des LGBT, les autorités avaient mis en cause la coïncidence de l’événement avec le mois sacré du ramadan.

En 2016, la manifestation a été interdite pour des raisons de sécurité alors que le pays était frappé par une série d’attentats meurtriers liés au groupe jihadiste État islamique (EI) ou aux séparatistes kurdes.

Mais dans un cas comme dans l’autre, les manifestants avaient bravé ces interdictions, et avaient été dispersés violemment par les forces de l’ordre.

Les années précédentes, ces manifestations s’étaient déroulées sans incidents, des milliers de personnes y prenant part pour défendre les droits des minorités LGBTI, devenant les plus importantes manifestations du genre dans un pays musulman du Moyen-Orient.

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