L'Irlande du Nord sans gouvernement, le mariage gay bloqué
L'Irlande du Nord sans gouvernement, le mariage gay bloqué

L’Irlande du Nord devra encore attendre la formation d’un gouvernement, faute d’accord entre les unionistes du DUP et les nationalistes du Sinn Féin. Point de discorde majeure: l’application du mariage gay dans cette partie du Royaume-Uni.

L’Irlande du Nord devra encore attendre la formation d’un gouvernement, faute d’accord entre les unionistes du DUP et les nationalistes du Sinn Féin, a annoncé le ministre chargé de cette province britannique James Brokenshire.

Les négociations entre les deux partis pour former un gouvernement de coalition, dans l’impasse depuis des mois, vont se prolonger cette semaine, a dit devant le Parlement britannique M. Brokenshire. Il n’a toutefois pas fixé de nouvelle date butoir pour ces discussions, après avoir déjà dû les prolonger à trois reprises.

Le gouvernement britannique avait trois options : prolonger une nouvelles fois les discussions, convoquer de nouvelles élections ou placer la province britannique semi-autonome sous administration directe de Londres pour la première fois en dix ans.

L'Irlande du Nord sans gouvernement, le mariage gay bloqué
L’Irlande du Nord sans gouvernement, le mariage gay bloqué

« Je continue de penser qu’un accord peut être trouvé », a expliqué M. Brokenshire, estimant que de nouvelles élections au parlement local ne résoudraient rien et que la meilleure des solutions est un « pouvoir partagé ».

Mais en Irlande du Nord, les deux partis continuent de se renvoyer la responsabilité de l’échec des négociations.

« Le DUP s’oppose aux droits des locuteurs du gaélique, des minorités ethniques, des femmes », a déploré lundi le représentant du Sinn Fein, Conor Murphy. « Il s’oppose même aux droits des homosexuels alors qu’il existe à l’assemblée une majorité favorable » au mariage gay, a-t-il déclaré.

« Le Sinn Fein nous présente une liste d’exigences qui s’allonge à chaque fois que nous le rencontrons », a rétorqué Arlene Foster, la dirigeante du parti ultra-conservateur DUP. « La priorité devrait être donnée à la santé et à l’éducation ».

L’Accord de paix de 1998, qui a mis fin à trente ans de violences interconfessionnelles, a instauré ce mode de gouvernance partagé entre unionistes et nationalistes. Mais la démission en janvier du vice-Premier ministre Martin McGuinness a fait voler en éclat la coalition en place.

Décédé depuis, le responsable du Sinn Féin protestait ainsi contre la gestion, qu’il jugeait frauduleuse, de subventions aux énergies renouvelables par la Première ministre et cheffe du DUP, Arlene Foster. Cela avait conduit, début mars, à des élections anticipées à l’assemblée régionale qui n’ont pas fait avancer les choses.

Avec 28 des 90 sièges, le DUP avait terminé en tête mais cédé du terrain face au Sinn Féin (27 sièges). Côté DUP, il n’est pas question de remplacer Alene Foster. Elle est sortie confortée de l’accord noué avec le Parti conservateur de Theresa May, qui dispose de la majorité absolue au Parlement grâce au soutien des 10 députés de cette formation nord-irlandaise.

Les Républicains du Sinn Féin ont surtout insisté ces derniers jours sur la reconnaissance de la langue gaélique, pour laquelle ils réclament un statut égal à celui de la langue anglaise, une question aussi symbolique que sensible.

Par le passé, le mode de gouvernance en Irlande du Nord avait dû être suspendu à plusieurs reprises par Londres, la dernière fois en 2007.

ECRIRE UNE REPONSE

Veuillez taper votre commentaire
Veuillez indiquer votre nom

4 × trois =