Bouches-du-Rhône : une maison départementale LGBT va voir le jour
Bouches-du-Rhône : une maison départementale LGBT va voir le jour

Depuis juin et la mise en place du Conseil d’orientation et de lutte contre les discriminations, qui remplace l’Observatoire du droit des femmes et de l’égalité des chances au Conseil départemental, des travaux sont menés avec le tissu associatif local pour aboutir à des projets concrets.

Trois thèmes majeurs font l’objet d’une étude particulière: homophobie, harcèlement scolaire et égalité femmes-hommes.

SYLVIE CARREGA
SYLVIE CARREGA

« Nous avons demandé à une quarantaine d’associations de s’intéresser à ces problématiques prégnantes, avec un rendu de travaux attendu d’ici à la fin de l’année, précise Sylvie Carrega, vice-présidente du Conseil départemental déléguée à la lutte contre les discriminations. Le groupe homophobie a pratiquement bouclé le montage d’un projet de maison départementale LGBT, que je soutiens avec la présidente Martine Vassal. Il reste à le budgétiser et en affiner les modalités de fonctionnement. C’est vraiment un acte politique fort qui était une promesse de campagne. Les associations ont besoin d’un lieu pour se réunir, informer et recevoir le public…« 

Si les détails du projet ne seront pas dévoilés avant le rendu final des travaux, une chose est sûre, cette structure sera implantée au cœur de Marseille. « Il s’agit aussi de mettre en lumière tout le travail que font ces associations de l’ombre, que peu de gens connaissent, reprend l’élue. Et oui, nous avons fait le constat de l’homophobie ici. »

Bouches-du-Rhône : une maison départementale LGBT va voir le jour
Bouches-du-Rhône : une maison départementale LGBT va voir le jour

La cité phocéenne n’a jamais abrité de tel projet alors qu’une maison départementale LGBT existe dans plusieurs villes, comme Avignon ou Nice dans la région. Les associations (Aides, SOS homophobie, Must, Enipse, le Refuge, le Cel…), qui prennent part à l’élaboration du projet, travaillent en groupe depuis septembre, se rencontrent tous les quinze jours, et avancent vite, notamment parce qu’elles sont « d’accord sur la plupart des points et ont l’habitude de monter rapidement un projet prêt à l’emploi, comme la Gay Pride chaque année« , commente Maximilien Degonville, de l’Autre cercle Paca, qui lutte pour davantage de visibilité des minorités sexuelles dans le monde du travail.

« Nous travaillons sur la transversalité des problématiques LGBT, avec la volonté de n’oublier personne, pose Alain-Marc Deluy, coprésident du collectif Idem (Identités diversité égalité Méditerranée), qui regroupe plusieurs associations de défense des droits humains. Car parfois, les discriminations sont croisées. On considère ce projet comme une main tendue du politique et une opportunité pour lutter contre les divisions. Désormais, il faut se réapproprier la structure et être ambitieux : une charte, un mode de gouvernance associatif pour fédérer toutes les structures existantes et un lieu visible, accessible, dont le nom n’est pas arrêté: maison, centre, village…« 

Un espace de réunion aussi, un support de moyens pour les actions, d’accueil, d’écoute, une pépinière pour de nouveaux projets. La dimension mémorielle ? « Cette structure va permettre une approche proactive de la mémoire car un espace d’archives et un fonds culturel type médiathèque sont envisagés, comme cela se fait à Nice, ajoute Philippe Amidieu, président de l’Autre cercle Paca. Que des outils communs existent, c’est l’enjeu pour transmettre. »

Quant à l’emplacement de ce futur centre, « le choix sera déterminant si les pouvoirs publics veulent envoyer un signal important aux minorités« . Alors quelques militants se prêtent à rêver. Pourquoi pas l’Espace Culture, sur La Canebière, pour lequel la Ville a lancé un appel à projets ?

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