Un évêque grec orthodoxe, réputé pour ses dérapages racistes et homophobes, a été renvoyé devant le tribunal après la plainte de neuf homosexuels, une première en Grèce.

Dans une adresse à ses fidèles en 2015, Athanassios Lenis, ou Mgr Amvrosios dans ses fonctions, avait qualifié les homosexuels de “lie de la société”.

“Crachez leur dessus! Huez les! Noircissez les (de coups)”, avait-il prôné, réagissant au vote d’une loi étendant aux homosexuels le pacte d’union civile, jusque là explicitement réservé aux hétérosexuels.

“Nous avions déjà entendu des torrents d’horreur à l’époque, mais cet appel à la violence allait trop loin, surtout venant d’une figure d’autorité”, a expliqué à l’AFP l’un des neuf plaignants, le militant homosexuel Lio Kalovirnas.

Grèce : renvoi en procès d'un évêque pour un prêche homophobe
Grèce : renvoi en procès d’un évêque pour un prêche homophobe

Le dignitaire de 79 ans, en charge de l’évêché de Kalavryta, dans le Péloponnèse, devra répondre d'”incitation publique à la violence et abus de ses fonctions ecclésiastiques”, a précisé à l’AFP l’avocate des plaignants, Kleio Papapantoleon.

La date du procès a été fixée au 15 mars. Ce renvoi au tribunal pour un tel chef de poursuites d’un membre du haut clergé orthodoxe, dans un pays où l’Église, non séparée de l’État, jouit d’une forte influence, constitue une première, a précisé Panayotis Dimitras, vétéran de la lutte pour les droits de l’homme en Grèce.

“Cela constitue une victoire importante pour la lutte contre la rhétorique de haine”, qui reste largement impunie en Grèce, s’est-il  félicité.

Le parquet grec avait jusque là classé les plaintes pour incitation aux discriminations et à la violence visant des membres du haut clergé émanant de défenseurs des droits de l’homme, selon Panayotis Dimitras, représentant de l’Observatoire grec des accords d’Helsinki.

Outre Mgr Amvrosios, les évêques du Pirée et de Thessalonique se signalent régulièrement par des dérapages discriminatoires. Le précédent chef de l’Église grecque, le défunt Mgr Christodoulos, avait pour sa part qualifié l’homosexualité de “tare”, ou cru voir un signe de la “colère divine” dans les attentats du 11 septembre 2001.

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