Un rapport contre les discriminations LGBT outre-mer

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Le rapport sur les discriminations en outre-mer a été rendu public avec la présentation des haines LGBT.

Le président de la délégation aux Outre-mer de l’Assemblée nationale, Olivier Serva, a profité de la présentation du rapport et il s’est livré à un mea culpa qui a ému ses collègues députés : « La campagne législative a été marquée par la réapparition d’images dans lesquelles je tenais des propos regrettables… »

Non content de se satisfaire du communiqué de presse qu’il avait alors émis pour présenter ses excuses, le député Serva s’est livré à une confidence :

« C’est à la lueur de ces tristes événements que j’ai découvert l’homosexualité d’un de mes amis. Il m’a dit sa colère, il m’a dit sa peine, il m’a dit son humiliation et j’ai alors compris… »

Olivier Serva
Olivier Serva

C’est donc dans ce contexte et après une audition du délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’homophobie qui a fait apparaître au grand jour le déficit de données objectives que les députés ont choisi de missionner Raphaël Gérard, Vanceunebrock-Mialon (LREM) et Gabriel Serville (GDR) afin qu’ils procèdent à une évaluation.

« C’est la première partie du grand livre sur les discriminations outre-mer a résumé Olivier Serva, qui sera complété par le rapport de Josette Manin et Maud Petit sur les discriminations en général dont sont victimes les ultramarins. »

Le rapport peut ainsi se résumer : « La haine LGBT dans les outre-mer est bien plus marquée que dans le reste du territoire national. » La mission exploratoire et les auditions ont révélé un « constat cruel », « un silence assourdissant », une « émancipation au prix de l’exil ou du sang », des lesbiennes en situation totalement invisible…

Laurence Vanceunebrock-Mialon a incriminé le poids de la colonisation, le poids des stéréotypes de genre chez les jeunes en particulier :

« La figure de l’homosexualité est perçue comme transgressive dans des sociétés fondées sur la hiérarchie et la binarité des genres. »

En cause encore, le poids de l’interconnaissance et de l’insularité avec ses rumeurs et son makrélaj aux Antilles ou son ladi lafé à la Réunion dans des sociétés où tout le monde se connaît, où la honte induite par le regard des autres brime les individus.

« L’honneur familial brime encore davantage l’expression sexuelle des individus, souligne le rapport, et cette interconnaissance exacerbe les violences intrafamiliales qui peuvent aller de l’expulsion au viol punitif et limite le recours à la justice comme la prévention de l’épidémie de VIH… »

Le poids de l’imprégnation religieuse est aussi en cause qui peut légitimer un discours de répression sociale de l’homosexualité jugée « contre nature »…

Pour limiter la stigmatisation, le rapport propose un certain nombre de pistes comme le renforcement du maillage associatif en association avec la DILCRAH, la sensibilisation des acteurs sociaux et des policiers, celle du grand public qui a tendance à « minimiser ces violences physiques ou psychologiques », selon Gabriel Serville.

« L’éducation doit permettre de déconstruire tous ces préjugés », soutient Raphael Gérard. Le rapport propose encore d’avoir recours à des personnalités, des artistes, des politiques pour porter des messages positifs et encore de mieux documenter les LGBTphobies en outre-mer.

Les députés ont souhaité aussi impliquer les gens d’église dans ce travail. Et si l’évêque de Guadeloupe n’a pas souhaité rencontrer les députés en mission, Josette Manin s’est proposée de remonter cette proposition à l’archevêque de Martinique, « plus ouvert »…

Depuis 2014, il n’y a eu qu’un mariage homosexuel à Wallis et Futuna et à Mayotte, 4 à Saint-Martin, 5 en Polynésie, 6 en Martinique, 7 en Guyane, 8 à Saint-Barthélemy et 18 en Nouvelle-Calédonie. Les chiffres de la Guadeloupe n’ont pas été communiqués.

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